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Une sœur aînée de 90 ans...

Tant que l’on peut assurer quelques activités en vue d’une mission, compatibles avec notre âge, notre état de santé, ce serait, me semble-t-il, manquer d’esprit missionnaire que d’y renoncer... dans quelque situation que l’on soit. C’est ainsi que nous pouvons vivre encore « l’amour privilégié pour les pauvres » quand, avec l’âge, l’état de santé ne permet plus des activités pour la mission, ma mission peut se vivre dans une présence, avec nos incapacités physiques, voire même mentales pour une part.

Toute présence missionnaire, comme toute activité pour la mission, ne peut être missionnaire que vécue dans l’esprit de l’Evangile, à la suite et à la manière de Jésus Christ (sens des pauvres, respect des personnes, sens du pardon, etc… on n’a jamais fini de découvrir les exigences et les appels de l’Evangile et d’y répondre). Et dans la présence comme dans l’action, la mission tend à faire connaître Jésus Christ. C’est ce vers quoi nous avons toujours à tendre.

Si au cours de toute une vie, il y a recherche, bien qu’imparfaite, de se conformer à Jésus Christ, on peut, à son insu refléter, exprimer et révéler quelque chose de Lui. Ce reflet même n’est-il pas missionnaire ? … reflet qui tend à nous rendre miroir de Jésus Christ pour les autres, miroir toujours imparfait. Pour que la présence soit missionnaire, il faut tourner le miroir dans le bon sens pour obtenir l’image, et veiller à éviter et supprimer les taches sur le miroir qui déforment cette image.

« Dans toute situation missionnaire, on  y est plus par ce qu’on est que par ce qu’on fait »

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Comment je vis le charisme?

Je fais partie d’une famille religieuse qui a pour nom : « Auxiliatrices de la Charité ». c’est le nom qui est gravé dans les paumes de nos mains… et dans celles de Dieu…

C’est le désir de Dieu pour cette poignée de femmes dont je fais partie depuis 44 ans… Cette part du Corps de Dieu qui est Amour et Charité à laisser transparaitre.

L’objective parait fou ! et pourtant Dieu a besoin de nos corps pour se dire, Se donner, Se laisser toucher aujourd’hui.

Dieu a besoin de nos regards, de notre écoute, de notre créativité pour faire comprendre qu’Il nous aime quoiqu’il arrive, qu’Il écoute et entend les cris des blessés de la vie, qu’Il ne cesse d’inventer encore et toujours des solutions pour sauver l’Homme.

Dieu a besoin de tous et de nous ses Auxiliatrices…

Pendant 40 années j’ai été infermière… à domicile, en réanimation, en service de chirurgie, en orthopédie à Outão puis, spécialisée en santé publique, j’ai travaillé pendant 20 ans a la mairie d’Aubervilliers dans les 27 écoles primaires pour « raconter » la santé aux enfants, et en fin de carrière, j’ai eu la joie de faire la formation d’Art Thérapeute, j’ai exercé ce travail en créant eu Centre de Santé un atelier pour personnes prisonnières de l’alcool.

Maintenant à la retraite, je « retraite », (recycle) ce que la vie m’a appris, dans le domaine de l’alphabétisation de femmes venus du Maroc, d’Algérie, du Sri Lanka du Burkina Fasso…

Pour celles qui n’ont jamais eu la chance d’apprendre à lire et à écrire dans leur langue, j’ai aussi ouvert un atelier d’Art thérapie dans lequel beaucoup de choses s’échangent sans mots en travaillant l’argile, peintures, collages… supports symboliques qui préparent à ceux de l’écriture et à la joie de la lecture.

La beauté de ce qu’elles produisent dit leur beauté… et moi, j’y vois la beauté de Dieu.

De leurs sortent des « trouvailles » qui leur ouvrent la porte de l’estime d’elle-même et le chemin de la liberté.

Ce travail je le fais au sein d’une association qui se nomme « solidarité, Formation, Médiation » qui assure également un service « d’écrivains publics » et de « soutien scolaire ».

Dans le cadre du Secours Catholique, avec un autre Art Thérapeute, j’anime en atelier d’art thérapie pour une douzaine d’enfants.

Tous ont et auront des vies difficiles avec les « moyens du bord », nous cherchons à développer leur créativité en les aidant à réaliser jusqu’au bout le « projet du moment » avec du matériel récupéré.

En ce moment 3 garçons construisent un radeau avec des morceaux de bois laissés d’un chantier. Ce radeau a peu de chance de prendre la mer un jour, mais le temps passé à le penser, le bricoler leur apprendre le travail d’équipe, les gestes efficaces pour lier de façons utiles leurs morceaux épars. L’aventure les faits rêver, et s’évader du difficile quotidien.

Ce recul vécue dans une… certaine agitation…mais aussi dans l’écoute et le respect de soi et de l’autre offre aux enfants l’occasion de matérialiser leurs rêves et de comprendre qu’ils sont chacun « quelqu’un » aux yeux de tous.

A nous de les accompagner dans leur démarche de « Construction ».

Dans un autre style, j’accompagne une Communauté de 6 sœurs ainées, Auxiliatrices de la Charité. Elles sont rassemblées dans une maison de retraite avec deux autres congrégations.

« Donner plus de vie aux ainées »… c’est ce que nous voulons ensemble… Elles m’apprennent ce que veut dire « consacrer sa vie… à Dieu et aux autres… jusqu’au bout…

Le grand âge dépouille et prépare au Face à Face… Quel lest me faut-il lâcher pour commencer ce Face à Face dès maintenant ?

En communauté, en quartier populaire à Clichy (92) avec 3 autres sœurs… chaque jour « nous commençons » une vie fraternelle de Sœurs… filles d’un même Père. Il attend de nous que nous nous laissions remplir de Lui pour que nous soyons une facette de son Esprit.

C’est ensemble que nous sommes « missionnaires contemplatives » avec nos grandeurs et nos faiblesses, notre esprit de famille et nos originalités, nos différences et nos complémentarités, nos besoins d’être sauvées… Nous habitons en HLM, sur le territoire où le Père Anizan a fondé la 1ère paroisse Fils de la Charité… Si les populations ne sont plus les mêmes, la pauvreté demeure : chômage, trop bas salaires, manque de logement, « sans papiers », jeunes sans travail, solitude…

Aujourd’hui le Père Anizan pourrait toujours dire : « Notre vocation est large et étendue… elle s’adaptera toujours aux nécessités des Hommes… » Es 271

« Quand la vraie charité s’empare d’une âme par la grâce de Dieu, elle ne raisonne plus, elle aime, elle agit, elle se donne sans compter, c’est une sorte d’obsession, une sorte de folie, mais folie divine, qui la presse, qui lui inspire mille inventions charitables » QLC 34-35

Oui, pour se dire, aujourd’hui, là, Dieu amour, « Père et mère » a aussi besoin de nous.


Ensemble, parlons des hommes, des femmes, des enfants de nos quartiers à Dieu et consacrées aux mains nues, avec ce que la vie nous fait devenir… parlons de Dieu aux hommes, aux femmes, aux enfants de nos quartiers.

Sr. Anne Marie TOCKERT

Auxiliatrices de la Charité

 

L’immigré a sa place (air du chant «le poinçonneur des lilas»)

Des logements pour maintenant ! J’suis une A.S. de quartier
Celle qu’on croise et qu’on ne regarde pas
Mon job à moi c’est la misère… Drôle de galère
Tous les matins dans nos services les gens débarquent c’est un supplice
On les a mis à la rue…Paraît qu’j’ai sous la main les solutions
Oui mais voilà dans ces dédales, moi je pédale…
Aucune place dans un foyer, ni au 115, c’est saturé !

Des logements, des logements, encore des logements !
Des logements, des logements toujours des logements !
C’est l’signal d’alarme ! C’est ça qu’on réclame !
Des logements, des logements, encore des logements
Des logements, des logements, toujours des logements
Des logements il est grand temps, des logements pour maintenant !

Auxiliatrices de la Charité

Vous avez dit proximité ? - Haut de Page

Seigneur, c’est ta croix que vit au quotidien ce petit peuple de notre quartier :

  • Quand par temps de pluie, les eaux sales de la rue entrent dans les jardins et parfois les maisons
  • Quand chaque jour il faut lutter pour manger et vivre, et que certains jours, il n’y a rien
  • Quand on ne peut plus payer le loyer et que la propriétaire menace d’expulsion
  • Quand le sida, la violence tuent des jeunes ou les rendent invalides, ou qu’une maman meure après la naissance du deuxième enfant
  • Quand les femmes, leurs filles ne peuvent pas sortir de chez elle sans être surveillées par un membre de la famille
  • Quand des jeunes essayent de passer aux USA en vain et sont rejetés aux frontières après avoir vécu l’enfer
  • Quand les grands mères élèvent seules leurs petit enfants.

Térésa de Jésus, devant le Christ très blessé,
tu as expérimenté une profonde douleur et compassion.
Que je puisse sentir en moi aussi compassion
là où je rencontre le Christ souffrant, chaque moment de ma vie.

Auxiliatrices de la Charité

A l’alphabétisation avec l’association « Femmes dans la cité » pour la promotion de la femme. Pour certaines il est vital d’apprendre à lire, écrire en français, car elles sont à la recherche d’un emploi ; pour d’autres c’est une façon d’être valorisées, reconnues même si elles ont des difficultés pour apprendre. Etre au milieu d’autres femmes, de condition modeste, lieu de convivialité, d’échanges et de dialogue: cela donne sens à la vie.

Auxiliatrices de la Charité

Dans les Foyers logements - Haut de Page

Notre situation en « Foyers Logements » nous « met dans la pâte », comme les autres résidents. C’est un peu ce que nous avons vécu quand nous sommes entrées au travail salarié. Aujourd’hui c’est une adaptation à la réalité d’un vieillissement, dans la continuation d’un vécu dans le monde des travailleurs. «Le passage d’un exil à l’exode», dit l’une de nous, «a transformé ma foi ; j’ai été vidée de mes responsabilités, de mon métier, et envoyée par la congrégation pour une mission : être au milieu d’un peuple pour y témoigner de la charité. C’est le fruit d’un dépouillement, pour une disponibilité entière à l’écoute des personnes âgées qui m’entourent ; cela pour les aider à découvrir du positif dans leur vie qui a souvent été difficile, et peut-être aussi aller jusqu’à la foi.»

Auxiliatrices de la Charité

En Maisons de retraite

« En maison de retraite à Cachan, nous essayons d’être une présence : présence amicale, de disponibilité, d’écoute, de témoignage, de « visitation » et de prise en charge dans la prière de toutes ces femmes qui souffrent. … »

Auxiliatrices de la Charité

Au Honduras - Haut de Page

«Dans la « Colonia » (le quartier) où nous vivons, les problèmes ne manquent pas, en particulier la sécurité la dégradation d’un ravin tout près de nos maisons. Nous vivons sous la menace constante d’inondations, sans parler de la saleté parce que le ravin malheureusement sert de dépôt d’ordures. Comme communauté nous participons à ce travail de conscientisation de la population et d’intervention auprès des autorités municipales à travers le Comité local. Dans notre pays, avec plus d’alimentation, de qualité et d’hygiène, nous pourrions résoudre plus de 50 % des problèmes de santé. Ce travail est difficile parce que, culturellement, pour la plupart, nous ne comprenons pas l’importance de ces aspects. Mais il faut admirer la ténacité et la fidélité des leaders du Comité, cela vaut la peine de donner son appui.

Un autre défi est la saignée de nos colonias et du pays. Nous perdons des hommes et des femmes, des pères et mères de famille. Il n’y a pas de famille sans un parent aux USA. Cette année encore ce sont plus de 100.000 honduriens qui sont partis pour les USA dans des conditions dangereuses.

Dans ces réalités nous sommes appelées à être « Missionnaires de l’Amour de Dieu-Charité ». La rencontre avec les gens est rencontre avec Dieu. Pourtant, devant le manque de perspectives d’amélioration, parfois il ne nous reste qu’à crier vers Dieu notre détresse et réaffirmer notre foi en son Amour qui sauve, son Amour qui ne fait faut à personne.

Auxiliatrices de la Charité

 
 
(c) Auxiliatrices de la Charité 2007
palmiralourenco@auxiliadorasdacaridade.org