Expérience
vécu en France d'une sœur du Honduras
Je vais vous partager un peu de ce que je vis en France.
D’abord je rends grâce à Dieu pour le cadeau de vivre l’expérience nouvelle de rencontrer mes sœurs dans une autre réalité et dans un pays étranger.
Je suis arrivée en plein hiver avec de la neige. Les sœurs m’ont reçue à l’aéroport avec un anorak, bonnet et gants ; je ne m’imaginais pas tout ce froid, et même avec tout cela, quand nous sommes sorties, j’ai eu très froid. Une autre chose m’a marquée, c’est la différence des horaires. Je me rappelle que lorsque nous sommes arrivées ma montre marquait 8 heures du soir alors qu’en France il était 3 heures de l’après midi. La nuit est arrivée et j’ai bien dormi, me réveillant le jour suivant à 10 heures du matin, croyant qu’il était 6 heures du matin ; je ne m’étais pas rendu compte que le soleil se levait si tard.
Quand on est habitué à la chaleur, on sent la différence car ici, même s’il y a du soleil, on sent le froid ; dans la maison il y a du chauffage, mais en sortant on sent le froid et c’est pire quand il y a du vent. Les sœurs me disent que c’est ça l’hiver mais que le printemps va venir.
Trois jours après mon arrivée je suis allée avec une sœur au centre administratif de la municipalité pour mes papiers. Nous avons attendu toute la matinée et nous avons seulement obtenu l’information sur les conditions requises et les papiers avec lesquels je dois revenir dans un mois. Il y avait une grande file de personnes, la majorité de couleurs avec peut être l’espérance d’obtenir les papiers. J’ai vu que les employées traitaient mal les personnes et je crois que cela est commun pour tous les migrants en pays étranger.
J’ai découvert que la France est un pays où il y a beaucoup de migrants en majorité d’Afrique du nord. Il y en a aussi qui viennent d’Asie, d’Amérique. J’ai rencontré des péruviens et des chiliens. Ils disent qu’à Paris il y a de toutes les nationalités.
La ville de Clichy où je vis est située près de Paris. Pour moi c’est important de découvrir ce lieu, parce que notre fondateur fut curé de l’église Notre Dame Auxiliatrice. C’est là que je vais à la messe avec mes sœurs le samedi. J’ai constaté que la majorité de ceux qui assistent à la messe sont des étrangers ; il y a très peu de français.
Dans l’immeuble où je vis, je vois différents visages. La manière de s’habiller indique quelque chose de la culture et de la religion. Ce qui m’a le plus surprise, ce sont les femmes entièrement couvertes : longues robes à manches longues et voile qui couvre presque tout le visage ; certaines ont à peine un espace pour les yeux. Une des sœurs collabore à une association qui enseigne le français aux migrants. Je l’ai accompagnée quelques fois. J’ai vu, à leur manière de s’habiller, que les femmes sont de religion musulmane et principalement marocaines.
La semaine passée je suis allée à Bobigny, la communauté où vit Elisabeth, que quelques unes connaissent. Dans cette communauté il y a aussi une sœur qui aide les migrants pour l’apprentissage de la langue. Je l’ai accompagnée et j’ai rencontré des personnes venant d’Egypte, du Sri Lanka, et d’autres que j’ai oubliés.
Je suis aussi surprise par la variété des religions : juive et musulmane entre autres. Après deux semaines de mon arrivée, il y a eu une prière spéciale pour l’union des chrétiens, avec la participation de catholiques et d’orthodoxes. L’église où je vais à la messe est aussi utilisée par les orthodoxes : C’est quelque chose de surprenant et de différent.
Une autre surprise : les grands édifices avec plus de 300 appartements. Ici les gens disent « nous vivons dans une tour ». La communauté où je vis est au 10em étage dans une tour de 329 appartements. Imaginez-vous ! Tout ceci est nouveau pour moi. C’est une autre réalité.
La langue
Il y a un mois, j’ai commencé un cours de français, trois fois par semaine ; un cours adapté à chaque personne selon son niveau et pays d’origine. Il n’y a pas de cours commun pour dialoguer. On travaille sur des textes et la pratique se fait à la maison. Comme vous pouvez l’imaginer, j’essaie de parler mais cela me coûte. J’ai la chance de pouvoir compter sur des « professeurs » à la maison. Cela m’aide pour pouvoir parler avec quelques personnes de l’église ou pour demander de l’aide quand je me sens perdue, car j’apprends aussi à voyager en métro et en train. Parfois je me trompe pour sortir mais les personnes sont très aimables quand je leur demande.
Les transports
Ce qui touche au transport, j’ai aussi découvert beaucoup de choses. Il n’y a pas de musique. Les bus sont en bon état, avec des espaces réservés pour les personnes ayant des déficiences physiques. Aussi bien dans les bus que dans les trains, il y a des indications à l’intérieur et à l’extérieur de chaque gare. Pour payer, on achète un ticket qu’on introduit dans un appareil spécial. Le ticket peut servir pour une heure et demie de voyage, de 5heures du matin à 9 heures et demie du soir.
La rencontre avec les sœurs
En différentes occasions j’ai pu connaître mes sœurs et des communautés. Je suis contente parce que peu à peu je découvre la congrégation. Bien que je ne connaisse pas mes sœurs, je me suis sentie chez moi. J’ai de la chance de vivre de cette manière, car il y a beaucoup de situations différentes à la mienne. Cela m’amène à prendre conscience de la vie du migrant sans papier. Dans la rencontre avec mes sœurs, nous avons vécu une joie fraternelle. L’évangile qui me vient au cœur est celui où Jésus dit à ses disciples : "tous ceux qui auront laissé maison, père, mère, frères…recevront beaucoup plus » Mat 19, 29
Lilian - Auxiliatrice de la Charité