L’amour, un chemin de Pâques
Dans quelques jours nous allons célébrer la Pâque du Seigneur. Et comme le Christ, nous sommes invitées à vivre ce même chemin de Pâques ; mais qu’est ce que cela signifie ?
Pour moi, Jehanne, Auxiliatrice de la charité, c’est regarder Jésus, apprendre à aimer comme lui tous ceux qu’Il rencontrait, me convertir pour avoir les mêmes sentiments que lui, sortir de moi-même pour rencontrer l’autre : c’est un chemin de libération. Tenter de créer et réaliser chaque jour le chemin de l’amour avec toutes les personnes que je rencontre : celles qui me plaisent et celles qui me fatiguent, les beautés et les laideurs, celles qui savent et celles qui ne savent pas, les riches et les pauvres : toutes, mais en particulier les appauvries, les rejetées.
Inventer le chemin de l’amour, comme la petite Thérèse de l’enfant Jésus l’a réalisé avec celle qui l’énervait avec le bruit de son chapelet pendant l’oraison, ou avec celle que lui envoyait de l’eau sale quand elles lavaient le linge, ou avec la sœur de mauvais caractère. Inventer le chemin de l’amour dans son courrier pour les prêtres et leur mission.
Inventer le chemin de l’amour dans le quartier, dans la proximité de ceux qui travaillent dur pour survivre, attentive aux malades pour qu’ils puissent se soigner, attentive aux familles de migrants qui souffrent de la séparation de ceux qu’ils aiment ; dans la participation à la communauté de base, attentifs à la parole de Dieu et aux besoins des gens.
Inventer le chemin de l’amour en cherchant ce que nous pouvons faire pour que chacun ait un travail et un salaire juste, pour que les migrants aient la possibilité de voir leur famille régulièrement, pour que ceux qui ont eu un accident sur le chemin des Etats-Unis puissent avoir la prothèse qui leur est nécessaire ; c’est la dimension économique et politique de l’amour.
Inventer un chemin d’amour n’est pas toujours facile. Parfois il y a des choses qui nous blessent et qui nous renferment sur nous- même. D’autres fois, nous ne savons que faire pour aider, pour changer les choses et cela nous décourage. Nous ne pensons pas que notre amitié peut être une force pour les autres ou que ensemble nous pouvons faire quelque chose.
Dans certaines situations la souffrance des autres nous étouffe ; nous pouvons alors dans la compassion et la communion offrir ces souffrances à Jésus pour que d’elles naissent la vie. Ce chemin d’amour nous fait découvrir que souvent nous manquons d’amour. Mais nous pouvons demander à Jésus qu’il nous donne la force de vivre l’amour en toutes circonstances, cette force qui agit dans toutes les morts que nous rencontrons.
Jehanne