Les géants de l’automne

Au Prieuré Saint-Thomas à Epernon …

Les grands arbres superbes de cet immense jardin se dressent… solides, immobiles dans leur enracinement lointain, mais leurs branches vigoureuses s’agitent parfois avec légèreté dans le vent complice de leur beauté.

Solides, élégants, élancés vers le ciel… qui peut dire leur âge et les histoires dont ils ont été les témoins ! Muets… le souffle de leur chevelure folle chante pourtant les murmures de l’instant présent.

On dirait que leurs statures immuables vont décrocher les nuages fuyants ! Plantés dans cette terre humide et riche… les ruisseaux vagabonds qui les enserrent, chatouillent les orteils de leurs racines d’antan !

C’est mystérieux, étrange, impressionnant ! Dressés dans leurs statures altières… ils flottent… oui …ils flottent… dans l’air frais en agitant leurs feuilles mortes ! Et cette pluie dorée virevolte avec insouciance. Ils ont tout à la fois, 25 ans, 50 ans, 100 ans, 500 ans, 1000 ans peut- être… ?

Tous différents, chênes, platanes, marronniers, frênes, hêtres, bouleaux, conifères de toutes sortes, et… ce cèdre imposant et secret ! Leurs feuillages bruns s’envolant vers le ciel sont des baisers humides retombant sur une terre fertile !

Et, quand ils seront nus, dépouillés, ils offriront encore leur solitude digne aux nuages paresseux qui continuent de voyager dans un ciel rayonnant « d’à venir inédit » ! Des oiseaux turbulents nous y entraînent à tir d’ailes ! Et, tout d’un coup… une très longue raie blanche laissée par un avion aventureux qui a piqué tout droit, très haut vers le ciel bleu…. littéralement coupé en deux….!

Si d’aventure, dans votre randonnée solitaire vous vous perdez dans ces troncs vigoureux, ne manquez pas le petit pont mousseux. Il vous mènera sur une île minuscule et paisible ! Des canards sympas et deux ragondins volages ne vous verront même pas !

Et si la pluie tenace vous offre un refuge dans la chapelle, vous vous laisserez saisir alors par CELUI… qui, à travers les vitraux modernes et colorés, vous attend dans ce lieu de prière silencieuse car…. ils sont encore là… au cœur du mystère, nos arbres, nos amis, qui ont leur place dans ces vitraux !

MERCI ! DIEU ! MERCI !

Comme Zachée dans son arbre, guettons Son passage, et la joie d’entendre encore aujourd’hui  la voix du Maître nous dire à tous moments : « Descends donc, Je viens chez toi, Je viens chez vous » !

Epernon, 28 Octobre 2017

Marie France Deniau

 

 

 

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